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ÉDOUARD MINIER, AGRICULTEUR A SAINT-ESCOBILLE

3 Août 2026 | À la une, Portraits d'Agriculteurs

À 36 ans, Édouard Minier a choisi de revenir sur la ferme familiale après dix années d’expérience salariée dans le secteur agricole.
Installé à Saint-Escobille, dans l’Essonne, il conduit aujourd’hui une exploitation de 190 hectares entre grandes cultures et nouvelles diversifications.
Son parcours d’ingénieur agricole, enrichi par la gestion d’entreprise et le marketing, nourrit une vision à la fois technique et entrepreneuriale du métier.Depuis peu, il s’est lancé dans un projet viticole collectif, symbole d’une agriculture en mouvement.

Un parcours construit entre terrain, technique et entreprise

Formé à l’école d’ingénieur agricole de Beauvais, Édouard Minier a très tôt cherché à croiser les approches. Son cursus lui a permis d’explorer l’agriculture, mais aussi des domaines plus larges liés à la gestion et au marketing. Un master en gestion d’entreprise, suivi en parallèle, lui a apporté des bases solides pour piloter une activité agricole avec méthode.

Son parcours l’a également mené à l’étranger, avec un stage de six mois en Australie dans le secteur des cultures et de l’élevage. À son retour, il débute sa carrière dans le département agronomie d’un producteur français d’amonitrate, où il travaille au développement d’outils d’aide à la décision pour maîtriser les apports azotés. Déploiement, développement, commercialisation : pendant six ans, il participe à toutes les étapes du projet.

Il poursuit ensuite sur un nouvel outil dédié aux plans de fumure, avant de rejoindre pendant trois ans la partie commerciale engrais. Dix années salariées qui lui donnent une connaissance fine des enjeux techniques, économiques et commerciaux du monde agricole.

Le retour à la ferme familiale

En 2018, Édouard commence à reprendre progressivement l’activité familiale, d’abord en double activité avec son poste salarié. Il s’installe pleinement en 2022, avec la volonté de poursuivre l’histoire de l’exploitation tout en y apportant sa propre vision.

La ferme compte aujourd’hui 190 hectares, répartis pour deux tiers en Essonne et un tiers en Eure-et-Loir. Blé, blé dur, orge, colza, maïs, betteraves composent le socle historique de l’exploitation. Depuis peu, les pommes de terre et la vigne viennent enrichir l’assolement.

Cette diversification traduit une envie claire : ne pas rester figé, tester de nouvelles cultures et construire une exploitation capable de s’adapter aux opportunités comme aux contraintes de demain.

La vigne, une diversification collective et passionnante

Le projet viticole trouve son origine dans une anecdote ancienne. Il y a une vingtaine d’années, des saisonniers venus de Charente avaient observé les terres de Jean-François, le père d’Édouard, avant de lui lancer : « Mais il faut que tu fasses de la vigne. » L’idée est restée dans un coin de la tête.

En 2017, une réunion organisée par la Chambre d’agriculture d’Île-de-France pour relancer la vigne dans la région donne le véritable coup d’envoi. Édouard s’associe alors avec d’autres agriculteurs engagés dans la même dynamique sous le nom des Vignerons Franciliens. La première plantation a lieu en 2020, puis la première récolte en 2022, d’abord destinée à être revendue à un partenaire assurant la vinification et la commercialisation.

Depuis, le projet a franchi une nouvelle étape avec la création d’un chai partagé entre cinq agriculteurs, opérationnel depuis les vendanges d’août 2025. Une maître de chai a été embauchée à temps plein. Le modèle est original : les exploitations et les productions restent indépendantes, mais les moyens de production sont mutualisés, comme le chai, le matériel et les équipements de récolte. « Nous avons une mutualisation de nos moyens de production, mais pas de nos produits », résume Édouard.

Sur son exploitation, il cultive 2 hectares de vigne, soit 11 000 pieds. « En céréales, 2 hectares c’est peu ; en vigne, c’est surtout 11 000 pieds », souligne-t-il. Avec près de 400 heures de travail par an, cette culture demande une forte implication, mais elle apporte aussi une vraie satisfaction : « Techniquement, c’est une culture passionnante. »

Regarder l’avenir avec envie

Entre grandes cultures, pommes de terre et viticulture, Édouard Minier construit peu à peu une exploitation diversifiée, ancrée dans son territoire et ouverte aux projets collectifs. Son expérience passée lui permet d’aborder son métier avec une approche globale, mêlant technique, gestion et sens du marché.

À l’avenir, il souhaite continuer à faire évoluer la ferme sans perdre de vue l’essentiel : préserver l’équilibre entre ses projets professionnels et sa vie personnelle. Car lorsqu’il n’est pas sur l’exploitation, Édouard attache une grande importance à passer du temps avec sa femme et ses filles.